BD, Tome III, Plaque de ceinturon mérovingienne trouvée à Moind, communication de M.Vincent Durand, pages 261 à 263, Montbrison, 1885.
Plaque de ceinturon mérovingienne trouvée à Moind, communication de M.Vincent Durand.
M.Vincent Durand présente une plaque de ceinturon en ivoire trouvée à Moind, au cours d’un défoncement, dans la propriété de M. Poyet, qui a bien voulu la céder pour le musée de la Diana.
Cette plaque, de 40mm sur 38mm et 7mm d’épaisseur, s’articulait à charnière, sur un de ses côtés, avec une boucle et son ardillon, l’un et l’autre probablement aussi en ivoire. Le côté opposé est refendu dans son épaisseur pour recevoir l’extrémité de la bande de cuir ou d’étoffe formant la ceinture, qui était retenue par deux rivets encore en place.
La face vue est ornée d’un double cercle inscrit dans un carré et renfermant une étoile à six rayons patés, qui parait obtenue par la combinaison des initiales I et X du nom divin, Inoous Xperros, combinaison dont on connaît d’autres exemples. Les branches de l’étoile et les angles du carré sont remplis par de petits cercles portant un point au centre et un appendice aigu, qui les font ressembler à des têtes d’oiseaux.
Cet objet paraît accuser l’époque mérovingienne. Il est fort intéressant, car c’est jusqu’à présent le plus ancien que l’on ait rencontré avec un emblème chrétien, dans ce sol si riche en antiquités romaines.
Le lieu de la découverte est situé à 200 mètres environ au N-O. du clocher de Moind. Le défoncement, assez superficiel, a ramené au jour un certain nombre d’ossements humains, mêlés à de nombreux fragments de tuiles et de poteries antiques, comme on en trouve dans la partie voisine de l’enclos. Il existait à peu de distance, en matin, près de l’établissement des Sourdes-Muettes, un cimetière aujourd’hui abandonné et dont une porte ogivale assez basse, qui s’ouvre sur le chemin de l’église de Moind à Montbrison et à Savignieu, représente peut-être l’entrée (1). Les titres du moyen âge font connaître une église dédiée à saint Maurice qui s’élevait dans ce quartier; de cette église dépendait un cimetière (2) ; M. Durand ignore s’il faut le reconnaître dans celui dont il vient de signaler l’existence. Il n’est pas impossible que les ossements humains rencontrés et la plaque de ceinturon elle-même soient sortis de sépultures pratiquées sur la limite occidentale de ce champ funéraire : mais ce n’est qu’une supposition, car la plaque en particulier peut parfaitement avoir été perdue ou abandonnée là ou elle a été recueillie.
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